Et me revoilà ! Comme à chaque fois, dès qu’il se passe quelque chose en lien avec le deuil cette année, j’en fais un article pour partager l’expérience avec vous. J’allais mieux, un peu. Disons que j’avais réussi à m’accrocher à quelques branches. Et un matin, ma hanche a décidé de me lâcher. En plus de la peau qui brûle à en empêcher de dormir, je me suis mise à boiter du jour au lendemain. Sans raison. Sans raison? Vraiment ? Ironiquement, c’est Facebook qui a rappelé à mon cerveau ce que mon corps savait déjà : C’était une semaine anniversaire. La semaine anniversaire de l’action exacte où se nichait ma culpabilité dans ce décès.
Des douleurs « fantôme »
Pour ceux qui m’ont vu au travail ou dans la rue ces derniers jours, ça n’est pas la douleur qui est le fantôme, c’en est la cause. Mes jambes vont bien, je n’ai rien changé à mes habitudes et je ne me suis ni remise au sport, ni lancée dans le Parkour sur un coup de tête. Non, je me suis juste levée de mon lit à une date anniversaire. Et je n’ai pas réussi à me redresser. J’ai fait une drôle de tête. Une douleur aussi violente, comme ça, sortie de nulle part ?
Ma maladie chronique faisait ce qu’elle fait toujours, elle me rappelait sa présence envahissante un peu plus fort que d’habitude. Mais cette douleur là on s’y habitue, on la connait. On sait que dès qu’on fatigue ou qu’on angoisse un peu elle pique. Mais là c’était la hanche, la jambe, le pied. On avance plus, on ne peut plus aller nulle part. On clopine jusqu’au miroir, on voit sa tête. Et on se dit « et merde ».
La date anniversaire
Je ne crois pas à tout ce qui est « le mal a dit ». Pas. Du. Tout. Alors quand j’ai vu que le début de ma galère coïncidait exactement au moment où je suis partie il y a 9 ans de ça, je ne me suis pas dit « Oh la la c’est la jambe parce que je m’en veux d’avancer ». Je me suis surtout fait la réflexion suivante :
« Je pensais que ça me tomberait dessus vers l’anniversaire des un an de sa mort. Parce que c’est le plus logique. »
Et non.
C’est tombé sur l’anniversaire de cette semaine qui a changé ma vie, peut-être un bout de mon destin, et qui restera dans ma tête « Le moment ou je l’ai laissé tomber », ce moment qui me fera toujours me dire « Si c’est un peu de ma faute, c’est à cause de ce moment là ».
Je me préparais mentalement à encaisser le choc pour les un an. Et je me retrouve mi septembre à voir les posts sur facebook qui me rappellent qu’il y a 9 ans je partais loin de lui. Qu’il va me manquer. Tout ça parce que la veille ma jambe a décidé de ne plus fonctionner correctement et que je dois rester coincée au lit avec ma culpabilité. Sans ça j’aurais probablement été me promener, voir des gens, faire des choses. Mais non. Cette semaine, c’est clopin clopant et tête quasi littéralement « d’enterrement ».
La marque physique : la somatisation
Alors, je peux en parler dès le troisième jour parce que j’ai été surprise de la date, mais pas du processus. Un peu de psychologie, c’est quelque chose d’assez commun : la somatisation.
Les troubles somatoformes, en somme. Des douleurs physiques qui ne s’expliquent pas nécessairement par des examens. Et ces troubles sont souvent associés à une forme ou une autre de détresse mentale. Pour être qualifié comme tel il faut qu’elles soient constatées sur deux ans, mais c’est surtout pour vous donner une idée du processus.
Avec le deuil on remonte assez vite à la cause réelle. Je m’attends à ce que à la fin de la période, soit le 17 Septembre, la douleur disparaisse comme elle est arrivée. Je vous tiendrai au courant, bien entendu. Il n’y a pas de cause « identifiable », à part la culpabilité dans ma tête. Et c’est un bon terrain d’observation.
Quoi faire ?
La réponse à cette question est compliquée, parce qu’elle dépend d’énormément de facteurs. Mais en règle générale :si vous avez le temps, les moyens et le soutien pour le faire, prenez le temps et prenez soin de vous. Prenez rendez vous chez le médecin, chez le psy. Ne vous sentez pas coupable de voir votre corps vous lâcher, il fait ce qu’il peut lui aussi.
Alors non, vous n’allez pas pouvoir faire tout ce que vous aviez prévu de faire. Oui, ça fait mal. Oui c’est rageant. Oui, on se demande pourquoi nous et pourquoi maintenant. Mais plus que la douleur, la date/période peut vous donner un indice sur un aspect de votre deuil que vous n’auriez pas regardé sans tout ça. Moi je vais en profiter pour penser à lui, je vais peut-être lui écrire. Je vais essayer de trouver ce que je peux faire maintenant pour moi, autant que pour sa mémoire. Je vais essayer de changer cette douleur en quelque chose de constructif, en une occasion de créer du lien autrement.
Après tout, c’est quelque chose que je dis souvent: quitte à être bloqué, autant essayer d’en faire quelque chose. Pendant longtemps ça a été des photos, maintenant c’est de l’écriture. Petit à petit cette aventure tragique réécrit ma vision du monde, des interactions sociales et de certains processus de guérison. Et ça me fait toujours un peu sourire de me dire que guérir c’est chaotique. De la même manière que la nuit est un peu plus sombre juste avant l’aurore. On va souvent beaucoup moins bien avant de pouvoir commencer à arpenter le chemin qui permet d’aller un peu mieux.
Mais souvenez vous, comme on me l’a souvent rappelé: trébucher en route, c’est la preuve ultime qu’on est en train d’avancer. Et si c’est trop compliqué de vous relever tout de suite, levez les yeux. Profitez du paysage. Sait-on jamais, on pourrait entendre un rossignol chanter.

Article écrit par un humain, sans IA ni ChatGPT.
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