Ceux qui me connaissent le savent probablement, je ne suis pas tellement du genre fleur bleue. Plutôt l’inverse d’ailleurs, je suis plutôt « pierre mazout » à l’origine. Et pourtant j’ai découvert quelque chose au détour d’un jour de deuil, quelque chose de surprenant que je m’empresse de vous partager, comme d’habitude ! Le deuil pousse à redécouvrir le bonheur, voire même à reconstruire le concept. Vous allez voir, c’est fascinant.
Un nouveau bonheur plus simple
Alors, dit comme ça, je sais que j’ai l’air d’enfoncer des portes ouvertes, mais quand la tristesse a commencé à s’estomper un peu, j’ai cherché des petites branches de bonheur et d’espoir auxquelles me raccrocher. Et croyez moi, elles n’étaient pas nombreuses. Je commençais même à me demander si je les reverrais un jour, ces branches. Parce que le bonheur, pour moi comme pour beaucoup, c’était un voyage en Août, un concert en Juillet, des projets lointains qui aident à continuer. Le bonheur c’était pour plus tard très souvent. Et ça avait plein de conditions.
Sauf que voilà, quand je suis revenue dans la ville où je vis, que je ne voyais plus de bonheur ni d’espoir nulle part, mon regard a changé. Sur les choses, sur les gens, sur ce qui m’avait toujours entouré. Et petit à petit j’ai mis en place des ballades en bord de mer tous les jours. Alors bien entendu, je n’ai pu le faire que les jours où j’en avais la force, mais profiter de la beauté de la mer quand on est triste, ça fait du bien. J’ai essayé de me trouver un livre qui me rendrait l’envie de lire. Je n’avais pas du tout les capacités mentales pour me concentrer sur quoi que ce soit, mais chercher ce livre m’avait rendue un peu heureuse. J’ai essayé de voir une personne « safe » par semaine, de sourire aux gens que je croisais. A prendre le temps de m’arrêter pour aider ceux qui cherchaient leur chemin. A regarder les quelques abeilles qui voletaient de fleur en fleur. En étant toujours surprise de voir qu’il y avait des abeilles en bord de mer. A me dire que si je croyais en la réincarnation, je crois que j’aimerais bien être une abeille sur l’ile de Batz. Ou mieux encore, une abeille de Bréhat ! Ces petites choses stupides qui ont réussi à me faire sourire quand le monde entier me rappelait mon malheur.
Un nouveau bonheur plus proche
C’est un peu cucul, peut-être, mais mon nouveau bonheur est beaucoup plus proche. Par la force des choses, mais aussi par choix.
Par la force des choses
Comme je veux vous laisser sur une note positive, je commence par l’élément le moins amusant. Choisir le bonheur par la force des choses. Parce lorsque vous perdez quelqu’un brutalement, et surtout trop jeune, ça fait réaliser une chose très importante mais parfaitement dramatique : on est pas certains d’être encore là pour être heureux dans trois semaines si on continue à tenir bon.
Et même pire, j’ai entendu parler de personnes qui ont tenu toute leur vie des situations insupportables justement pour ce bonheur qui les attendait à la fin. Et dont le corps a lâché avant d’arriver à ce petit bout de bonheur qui les faisait tenir.
J’ai réalisé plusieurs fois, jusqu’à l’intégrer parfaitement, que la vie est courte. Que parler de la mort ne fait pas mourir plus vite, mais que ça peut aider à se rappeler qu’il faut se ménager des petits instants de joie chaque jour, au cas où on ne vive pas assez longtemps pour profiter du bonheur qu’on construit pour plus tard.
Et ça me fait penser à ce court métrage d’Arte qui l’aborde joliment je trouve. Alors je vous laisse le découvrir de votre côté.
Par choix
Parce que le bonheur il faut le saisir quand il passe au lieu de l’espérer en permanence. C’est surtout ça, le bonheur il est un peu partout, par petites touches. Un peu comme le sucre glace sur les fraises. S’il fait trop chaud ça fond vite.
Et je me suis dit « et puis mince pourquoi pas moi? » Pourquoi pas par petites touches maintenant, plutôt qu’un gros « plus tard », un gros « quand j’irai mieux je redeviendrai heureuse ». Alors j’ai pris le temps, j’ai pris le temps de regarder, d’écouter. J’ai pris le temps d’être vraiment avec les gens, de me forcer à rester un peu plus longtemps devant ce paysage, de sentir ces fleurs un peu plus longtemps. Jusqu’à ce qu’en inspirant profondément je me dise « c’est vrai que c’est bien ».
Et mon bonheur est devenu plus simple. Maintenant mon bonheur, ce sont des petits sourires, des gens contents de nous croiser. Une petite blague bien placée, un petit coucou par sms envoyé ou reçu. C’est un coucher de soleil, un paysage. Un livre qu’on met trois fois plus de temps à lire, mais qu’on lit parce qu’on a toujours aimé lire. C’est un petit café en terrasse avec le serveur qui nous tutoie et qui a l’air vraiment content de nous voir. C’est surprendre une conversation, même débile, et sourire d’un air entendu. Le bonheur il est par petites doses, comme des rayons de soleil entre les nuages.
Et les vôtres, de bonheur simples, ils ressemblent à quoi?
Article écrit par un humain, sans IA ni ChatGPT.
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