Oui, vous avez bien lu. C’est quelque chose dont j’avais entendu parler en faisant des recherches sur le deuil, traumatique ou non. Et je l’ai constaté assez de fois pour me dire que ça serait intéressant de partager. C’est relativement fréquent d’aller moins bien quelques jours après avoir fait quelque chose pour se sentir mieux. Que ce soit sociabiliser, faire quelque chose qu’on aime, ou prendre soin de soi. Paradoxal? On s’accroche à la peine d’avoir perdu la personne qu’on aime, parce que c’est la dernière chose qui reste quand tout le reste s’émousse.
« La vie continue »
Et aussi agaçant que ce soit à entendre quand on est en deuil. Oui. La vie continue. Il faut retourner travailler, il faut gérer l’administratif, il faut être là pour ceux qui restent. Pour soi. On doit reconstruire un sens, une routine. Aller de l’avant comme ils disent. Alors on voit des gens, on fait des trucs. On s’occupe. On essaie de retrouver une direction générale dans sa vie. On essaie de rattacher les bouts volants. On fait de notre mieux.
Mais je constate un phénomène assez surprenant. A chaque fois que je suis sortie voir quelqu’un, me promener, prendre soin de moi. A chaque fois que j’ai passé un bon moment, que j’ai pu penser à autre chose pendant quelques minutes, quand j’ai recommencé à sourire. Fatalement, j’ai passé les deux jours suivants dans mon lit à fixer le plafond et broyer du noir.
Et comme ça ne fait que deux mois, la première fois je me suis dit que c’était normal. La seconde aussi. Et à partir de la troisième j’ai essayé de trouver ce qui pouvait déclencher ce genre de réaction physique à chaque fois. Et je me suis souvenue de quelque chose. Une piste qui semble logique quand on regarde de plus près.
La peine est la seule chose qui reste.
Lorsqu’on perd quelqu’un, on le perd plusieurs fois, de plusieurs manières. On doit d’abord se passer de son corps, de sa présence. Puis on doit faire le deuil des choses qu’on aurait aimé lui dire, les choses qu’on voulait faire avec lui. Petit à petit on perd aussi le souvenir de sa voix, de son regard parfois. Et à chaque fois ça déclenche des moments de panique. Heureusement, à l’heure du tout numérique on trouve toujours une photo, une petite vidéo, un vocal qui traine quelque part, et qu’on peut écouter en boucle pendant 15mn, rire et pleurer en même temps.
Mais je crois que le secret tient dans une phrase simple : Quand la peine permanente de son absence nous quitte, c’est le moment ou on a l’impression que c’est vraiment terminé.
Aller mieux, est-ce vraiment trahir notre proche disparu?
Et c’est là que c’est à la fois tragique et vraiment très intéressant. Parce que lorsqu’il reste surtout la peine qui nous tord le coeur, on se dit que « si on est plus triste de l’avoir perdu, c’est qu’on l’a définitivement perdu ». Ou encore que si on « arrive à être heureux sans lui, même un instant, c’est qu’on l’aimait peut-être pas tant que ça ».
Alors une partie de nous s’accroche à la douleur. Tant qu’on a encore mal d’avancer sans cette personne, c’est qu’on l’aime encore et qu’il/elle est encore là avec nous, d’une manière ou d’une autre. Le cerveau aime bien se raccrocher à tous les wagons qu’il trouve. Il est comme ça, il nous protège de son mieux. Quitte à nous raconter des petits mensonges d’ailleurs. Mais ça j’en parlerai plus tard.
Et ça peut expliquer ces retours en arrière lorsqu’on fait un petit pas en avant pour nous. Le cerveau s’accroche désespérément à tout ce qui reste. Nous avons un mal fou à « lâcher prise » de par notre nature, et en période de vulnérabilité c’est encore plus compliqué. Alors ne culpabilisez pas top pour ça (en plus), c’est normal. On est câblés un peu a-dreuz.
Alors ne vous inquiétez pas si vous avez l’impression qu’essayer de vous en sortir vous ramène en arrière. Ne vous sentez pas coupable d’aller moins bien quand vous essayez de faire des choses agréables malgré la douleur et le manque. C’est normal. Pas agréable, pas logique, mais normal.
Quels repères quand on lutte contre nous-mêmes ?
Ce n’est jamais facile de trouver un repère pour tenir bon quand notre tête, notre cœur et nos pensées ne chantent pas la même chanson. Et il n’y a malheureusement pas de manuel tout prêt, ou de réponse absolue. Je vous donnerai ces quelques conseils et j’espère qu’ils vous aideront comme ils m’ont aidée.
- « Lâchez vous la grappe », comme on m’a dit l’autre fois. Vous traversez quelque chose d’insurmontable, alors surtout, donnez vous le temps dont vous avez besoin. Ce n’est ni une performance ni un concours.
- Si vous sentez que vous allez vous mettre en danger, surtout, cherchez l’aide d’un professionnel de santé. Psychologue ou psychiatre selon votre niveau de détresse.
- Acceptez que ça soit chaotique. Un deuil fait littéralement sauter tous les éléments de votre vie les uns après les autres et il suit son propre calendrier et ses propres étapes.
- Notez vous pensées si ça peut vous aider. Si le fait de sociabiliser est compliqué ou que vous avez peur de ne pas savoir gérer les réponses qu’on vous apporte, un journal de deuil peut être une bonne idée.
- Achetez vous du gâteau au chocolat. Oui, je finis un peu sur une connerie, mais souvenez vous que personne n’osera vous juger si vous achetez du gâteau au chocolat de qualité pour vous faire plaisir et vous remonter le moral. Vous êtes en deuil ! 😉
Article écrit par un humain, sans IA ni ChatGPT.
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