Quoi dire quand quelqu’un perd un proche.

La réponse courte est sans appel : Rien. Il n’y a rien à dire dans ces moments là. Rien qui console, rien qui réconforte. Rien qu’on puisse entendre sans que ça ravive le sentiment d’injustice. Quand quelqu’un perd un proche, souvent la meilleure chose à dire, c’est rien.

Tous les deuils sont différents

Vous me direz probablement que « deux deuils ne se ressemblent pas ». Et vous aurez raison. Mais comme la mort a frappé à notre porte deux fois en un mois de manière sensiblement différente, j’ai décidé de partager cette expérience avec vous.

Le silence

Voilà presque deux semaines que le second décès est survenu. Et ce qui m’a marquée le plus, c’est le besoin de silence. Ou du moins, l’incapacité d’entendre ou de recevoir le moindre mot de l’extérieur. J’ai reçu des messages de soutien, et j’en suis extrêmement reconnaissante. Mais j’étais incapable de recevoir le soutien, et d’y répondre. Maintenant que l’enterrement est passé, je commence à retrouver lentement la parole. Mais je sens que l’équilibre est encore fragile. J’ai envie de parler, mais le moindre mot de travers me rappelle sa mort. Chaque « bonne journée », me rappelle que je n’en aurai plus avant longtemps. Chaque « courage » me fait penser qu’on trouve que je n’en ai pas assez.

Bizarrement, c’est dans les messages que l’on reçoit qu’on peut se rendre compte que d’autres ont traversé le même drame. On ne sait jamais quoi dire dans ces moments là, mais on peut reconnaître ceux qui ont déjà vécu ce genre de choses à la manière de le dire.

Quête de sens, de réponses

Je trouve, avec le recul, qu’il y a une part de sacré et de nécessaire dans le silence qui suit la mort de quelqu’un qu’on aime. Le temps du silence qui permet de se poser avec sa peine. C’est très inconfortable mais c’est le seul moyen, le seul temps qu’on peut se donner. Et qu’il est sain de se donner.

Dans ces moments de silence on refait l’histoire à l’envers. On cherche des indices, on essaie de comprendre. Mais surtout on se sent coupable. « Mais non, c’est pas ta faute ». Et plus on entend que c’est pas de notre faute, plus on trouve que ça l’est. En tout cas, vu les circonstances du décès, plus on essayait de me faire comprendre que ce n’était pas de ma faute, plus ça le redevenait.

Et on essaie de donner du sens a ce qui s’est passé. Mais surtout, on lutte pour donner du sens à la vie de ceux qui restent. Ou à ceux qui restent en vie. Je n’ai jamais réussi à trouver dans quel ordre. On cherche des indices qu’ils auraient pu laisser pour nous. On essaie de comprendre si ça aurait pu être évité. On pense à toutes les choses qu’on aurait dit si on avait su que bientôt on ne pourrait plus jamais le faire. Toutes ces choses qu’on aurait aimé faire avec eux avant qu’ils ne partent. C’est un mélange très désagréable de regrets, de culpabilité, et de mots sans destinataires.

« Si tu as besoin, appelle ». On ne le fera pas, on ne peut pas.

Il y a des choses qu’on ne peut pas deviner si on ne traverse pas ce genre de choses:

  • On a aucune idée de ce dont on a, ou dont on aura besoin.
  • Quoi qu’on traverse, on aura toujours peur de déranger.
  • On est désorienté, on ne pensera pas forcément à votre aide.
  • La détresse prend une énergie considérable.
  • Souvent dans ces moments là, il n’y a rien à dire.
  • C’est gentil de proposer un espace pour parler, mais il faut savoir répondre.

C’est vraiment très gentil de proposer un espace pour parler, mais certaines réponses peuvent blesser plus qu’autre chose. C’est gentil de proposer de l’aide si on a besoin de quelque chose, mais on ne sait pas de quoi on aura besoin. Et toutes les ressources étant utilisées pour survivre au manque, à la culpabilité et à un état dépressif tout à fait normal : on ne pensera pas à vous appeler.

Comment aider ?

Rassurez vous, il y a des moyens d’être un soutien dans ces moments là. Et si ça varie selon le type de décès, le lien avec la personne et beaucoup d’autres facteurs, vous pouvez être un soutien.

  • Souvenez vous que la personne est probablement désorientée.
  • Préférez un petit message tous les deux jours qu’un seul « qui ne sait pas quoi te dire ».
  • Si possible, privilégiez l’aide concrète : Amener des plats préparés, aide au ménage.
  • Attendez vous à des réactions parfois un peu agressives.
  • Ne prenez pas les choses personnellement.
  • Donnez du temps à la personne pour qu’elle puisse articuler ses émotions.
  • Si besoin, aidez les à trouver des associations de soutien ou un professionnel de santé.

Il n’y a pas de recette miracle pour aider un proche, mais il y a des ressources qui sont disponibles. N’oubliez pas que nous traversons tous les épreuves de la vie avec des caractères et des forces différentes. Donnez vous du temps, donnez leur du temps. Et de l’amour, beaucoup d’amour. Même si parfois cet amour s’exprime dans le silence, dans des petits messages, dans un petit plat déposé sans un mot à la porte. Un « Je suis là » discret. Dans ces moments là, tout compte, même si on se sent tous démunis.

Article écrit par un humain, sans IA ni ChatGPT.

La réponse courte est sans appel : Rien. Il n’y a rien à dire dans ces moments là. Rien qui console, rien qui réconforte. Rien qu’on puisse entendre sans que ça ravive le sentiment d’injustice. Quand quelqu’un perd un proche, souvent la meilleure chose à dire, c’est rien. Tous les deuils sont différents Vous me…

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Qui est la veilleuse?

Je suis funeral planner, thanadoula, et conseillère funéraire diplômée basée à Roscoff. J’accompagne les personnes qui souhaitent anticiper leur fin de vie, réfléchir à leurs directives anticipées et à leurs volontés funéraires, avant d’être malades ou en fin de vie.

Le rôle du funeral planner est d’aider à préparer l’essentiel : organiser les documents importants, faire des choix éclairés et imaginer un hommage fidèle à son histoire, dans une démarche humaine, laïque et personnalisée. Anticiper permet de réduire les angoisses, de soulager ses proches et d’éviter les décisions prises dans l’urgence.

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